Itinéraire d’une dévergondée Chapitre 6

Inanna, vous transmet ce sixième volet de son histoire érotique…

N’oubliez pas de lire le premier chapitre d’Indécences – Itinéraire d’une dévergondée

Chapitre 6 :Coitus reservatus

Au lendemain d’une nuit récupératrice, je me réveillai détendue et pleine d’entrain. Ce dernier point attira quelque peu l’attention de ma génitrice qui s’interrogeait sur ces changements d’humeur, me voyant, au fil des jours, passer de l’abattement à la jovialité avec une facilité déconcertante. En mère attentive, elle augura l’existence d’un « petit ami », malgré sa curiosité naturelle qui lui brûlait la langue, elle ne commit pas l’indélicatesse d’insister devant mes réponses évasives, se contentant de me préciser : « Il va falloir que l’on se parle toutes affaires cessantes, entre femmes. »
Après le petit-déjeuner, ayant effacé sous une douche tonique les réminiscences de Philippe dont les effluves exaltaient encore mes sens, étendue sur mon lit, je remémorai ces féeriques instants de la veille. Le souvenir toujours aussi vivace du ruissellement de sa liqueur génésique sur mon postérieur me ramenait sans cesse vers lui, et je n’aspirai vraiment qu’à renouer au plus vite avec cette chaude sensation. Si mes fesses gardaient en mémoire le contact de ce qui avait émané de lui, j’avais cependant un regret : ne pas l’avoir vu émettre sa jouissance ; je me devais absolument de satisfaire ce manque !
Toujours indécise, tiraillée par une alternance d’« attraction-répulsion » dont je ne m’étais pas encore pleinement libérée, je sentis un autre désir venir en premier plan et tourmenter l’éveil de mon ventre : faire l’amour avec Philippe, mélanger nos corps dans une même exaltation. Je connaissais le risque encouru, mais je savais – certes de manière encore floue – qu’il existait quelques parades et que faire l’amour n’impliquait pas obligatoirement d’être enceinte ; de plus, je me sentais particulièrement en confiance avec l’homme qui me procurait tant de voluptés.
Si l’anatomie masculine aiguisait de plus en plus ma curiosité, la mienne n’était pas en reste, et c’est avec un intérêt toujours plus accru que j’inspectai mon corps. Dans l’intimité de ma chambre, l’examen de ma vulve, notamment, occupait plus que tout ma concentration. Assise sur mon lit, un miroir posé devant mes cuisses écartées, j’explorai longuement les méandres de cette ouverture au bas de mon ventre par l’entrebâillement de ma culotte.
J’avais, plus d’une fois, vu le pénis de Philippe en majesté, s’abrogeant des lois de la pesanteur sous l’effet – dont je n’étais pas peu fière ! – que lui procurait l’envie de me posséder, et à mon tour je crevai d’envie de me donner pleinement à lui. Mes grandes lèvres bien étirées, ouvrant la cavité de mon vagin de mes doigts pleinement écartés, je m’inquiétai de savoir si le passage était suffisant pour me permettre de le recevoir en moi.
Certaines copines du lycée s’étaient bien vantées de « l’avoir fait », et bien que le doute était permis pour la plupart, il me plaisait de savoir qu’elles, au moins quelques-unes, n’en avaient nullement souffert. Bien au contraire, si leurs dires étaient dignes de confiance : c’était génial ! Alors…
Le ciel de cette journée fut maussade, mon horizon devenait de plus en plus radieux. Je savais que je le retrouverai très vite, et l’idée de cette courte attente ne m’était plus insupportable. Je me sentais enfin libérée de mes dernières réticences et prête à goûter avec Philippe à cette émotion encore inconnue de l’accouplement. Somme toute, même si une certaine appréhension subsistait, l’envie de percer les ultimes secrets de la sexualité fut la plus forte, et je me retrouvai dès le lendemain, impatiente et pleine de vitalité, au flanc de sa résidence.

Ayant une fois de plus accédée à sa demeure par le sentier connu de nous seuls – sans m’y égarer à présent ! – je dus frapper vigoureusement à la porte-fenêtre du salon pour attirer l’attention de son occupant qui somnolait sur le canapé, un livre grand ouvert sur le visage. Émergeant avec peine de son assoupissement, dissimulant difficilement un bâillement derrière une paume, il chercha ses mules et vint me libérer de mon enfermement extérieur.
À peine dans ses bras, il me serra contre son corps encore alangui et me frotta amicalement le dos. Il ne put réprimer un profond soupir, puis, sortant de sa léthargie, me déclara :

— Je ne m’attendais pas à ce que tu viennes aujourd’hui, je suis bienheureux de te voir.
— Pourquoi ? demandais-je, étonnée.
— Je ne sais pas, disons que je pensais que tu allais attendre que le ciel redevienne plus limpide.
— Il ne fait pas mauvais, juste un peu de vent !
— Juste un peu de vent ? Ça souffle autant sur la Méditerranée, pour confondre brise et bourrasque ?
— Oui, parfois ça peut aussi souffler très fort par chez nous avec le mistral, et surtout la tramontane.
— Hum, c’est vrai ! Mais au moins ils ont le mérite de vous chasser les nuages, eux !
— C’est joli aussi la Bretagne, moi j’aime bien.
— Tu as raison, mais l’herbe est toujours plus verte dans le pré du voisin, c’est bien connu. Bah, arrêtons d’ergoter sur la pluie et le beau temps, souhaites-tu prendre quelque chose : thé, café, jus de fruit ?
— Pour une fois, je prendrai bien un café.
— À la bonne heure ! Suis-moi à la cuisine, on le boira ici, si ça ne te dérange pas ?

Je le suivis donc dans sa cuisine, que je visitai pour la première fois. Certes, j’avais pu l’admirer en partie, mais seulement depuis le salon, et je ne m’attendais pas à une surprise sur sa décoration. Son agencement était à l’image que je me faisais du maître de maison : sobre et fonctionnel, dans un style contemporain assez audacieux. Tout ici respirait la netteté, depuis la clarté des murs jusqu’à la précision de l’emplacement des moindres ustensiles, à se demander si le lieu était réellement utilisé. Comme pour le reste de la maison, une pointe de décoration manquait à l’appel, pas le moindre tableau, ni une quelconque touche de personnalisation. Sans être cependant austère, l’ensemble péchait certainement par l’absence d’une petite « touche féminine » qui aurait apportée une atmosphère plus chaude.

Auteur: Inanna

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