Bourgeoise classée X

Voici quelques semaines, un de mes amis, passionné de cinéma pornographique, me téléphona pour me signaler qu’on projetait, dans une salle « X » de la ville, un film dont l’une des protagonistes ressemblait étrangement à ma femme, à cette différence près que celle-ci est blonde alors que l’actrice en question était brune. « Il faut que tu ailes voir ça, je pense que ça t’amusera! » ajouta-t-il, avec un grand sourire,

Il faut préciser que Cécile, mon épouse, était habituellement d’une invraisemblable pudibonderie, à tel point qu’elle en devenait parfois ridicule. Sur une plage, par exemple, elle refusait catégoriquement de se mettre les seins nus comme les autres femmes. Au lit, c’était pire encore. Alors que nous sommes mariés depuis cinq ans, elle continuait d’exiger la plus totale obscurité pour faire l’amour. Et, bien sûr, elle ne consentait jamais à se livrer en ma compagnie à ces petites fantaisies qui, pourtant, pimentent agréablement la vie sexuelle de n’importe quel couple. Elle n’acceptait d’étreinte qu’une fois par semaine (le samedi soir pour être précis), dans la position du missionnaire exclusivement.

C’est donc avec une curiosité amusée que je suis allé voir le fameux film, Dès les premières images, j’ai effectivement été frappé par l’extraordinaire ressemblance de la principale interprète (nommée «Lola Jollycul» au générique!) avec Cécile même visage, mêmes yeux, même bouche et même corps, mêmes seins, même chute de reins! Outre la couleur des cheveux, la seule différence notable était que la comédienne se fardait de façon outrancière alors que mon épouse ne se maquillait jamais, sous le prétexte que « ça fait vulgaire». Et puis, surtout, cette dame se livrait devant la caméra, avec un plaisir visible, à des ébats dont la seule évocation aurait fait hurler Cécile d’indignation : elle se livrait aux plus obscènes galipettes avec plusieurs hommes en même temps, et même avec d’autres femmes. Une chose me tracassait pourtant : l’actrice avait le pubis rasé et Cécile, justement, avait pris l’habitude de raser le sien «au quart de poil» (soi-disant par hygiène) depuis quelques mois.

Soudain, à la faveur d’un plan très rapproché, j’eus un choc en découvrant que l’actrice du film portait à l’auriculaire de la main gauche une petite bague de platine que je reconnus : il s’agissait d’un modèle unique, que j’avais offert à Cécile pour son précédent anniversaire. Autrement dit, l’explosive, la lascive Lola Jollycul et ma trop pudique épouse n’étaient qu’une seule et même personne!

Revenu de ma stupéfaction, je suis rentré à la maison et j’ai immédiatement sommé Cécile de s’expliquer. Elle a éclaté en sanglots et n’a pas tardé à avouer la vérité. Il y a six mois, elle fit seule un séjour à Paris, prétendument pour rendre visite à une vieille parente malade. En fait, elle avait préalablement répondu à une petite annonce recrutant des filles pour un film porno et, sa candidature ayant été acceptée, elle n’était venue à Paris que pour tourner ce film. Afin de ne pas être reconnue, elle avait simplement pris un nom d’emprunt, avait caché ses cheveux blonds sous une perruque brune et s’était, rasé le pubis pour ne pas trahir sa blondeur naturelle.

Je lui ai demandé pourquoi elle avait fait cela. Ce n’était sûrement pas par intérêt, car j’al une excellente situation et je lui donne tout l’argent qu’elle désire. Elle m’a déclaré qu’elle avait agi ainsi «pour le plaisir» et qu’elle avait, envie depuis très longtemps, sans jamais avoir osé me l’avouer, de jeter sa pudeur aux orties et de se transformer en véritable bombe sexuelle. Elle n’avait fait, en quelque sorte, que passer à l’acte en concrétisant son fantasme bien caché.

J’ai fait semblant de me fâcher un peu. Mais, dans le fond, j’étais ravi : mon épouse avait donc, à mon insu, d’exceptionnelles prédispositions pour mener une vie, amoureuse fantastiquement débridée. Il aurait été sot, de ma pan, de ne pas profiter de cette aubaine si formidable!

Depuis lors, tout est paradisiaque entre Cécile et moi. Elle ne se fait plus prier pour montrer ses seins (et le reste!) en public. Elle se permet les plus gaillardes hardiesses lorsque nous nous mettons au lit. Elle parle même d’inviter sa meilleure amie à partager nos plaisirs, et nous envisageons sérieusement de fréquenter un club d’échangisme. Je ne reconnais plus ma prude Cécile, tant elle est métamorphosée. J’ai l’impression qu’elle n’en pouvait plus d’avoir tant attendu, qu’elle est partie à la recherche du temps perdu, qu’elle met les bouchées doubles.

Tous mes, copains, désormais, envient mon bonheur. Ils ignorent que je dois celui-ci à la prestation de ma femme en star du cinéma porno : cela, c’est notre petit secret, à Cécile et à moi!

Auteur: mariheureux bellblac

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