Itinéraire d’une dévergondée Chapitre 9

Inanna, vous transmet le neuvième chapitre de son histoire érotique…

N’oubliez pas de lire le premier chapitre d’Indécences – Itinéraire d’une dévergondée

Chapitre 9 : Adieu mélancolie

Le lendemain matin, je retrouvai mon logeur déjà attablé à mon réveil. Il ne répondit que par un vague grognement à mon « Bonjour ! ». Sans m’en préoccuper davantage, je préparai mon petit déjeuner comme j’en avais pris l’habitude et ce n’est qu’en m’installant près de lui que je me rendis compte de son état. L’homme faisait grise mine avec ce regard halluciné qui succède à une nuit blanche, et l’air absent, comme plongé dans une intense réflexion qui le préoccupait.

— Quelque chose ne va pas ? m’inquiétai-je.

M’ignorant superbement, il ne réagit nullement à ma question, gardant son air bougon extrêmement soucieux. Puis, plaçant ses mains jointes sous le menton, et après s’être raclé la gorge, il daigna enfin émerger mollement de sa prostration :

— C’est à propos de hier soir… je suis désolé… je n’aurais pas dû !
— Comment ça ?

L’intonation se fit plus mordante :

— Tu sais bien quoi !
— Hier soir ? Mais il ne s’est rien passé de grave.
— Rien de grave ? Pour toi peut-être ! Mais je n’aurais pas dû te demander de me laisser faire ça, qu’est-ce que tu vas penser de moi maintenant ?
— Qu’est-ce que je vais penser ? Je ne comprends pas !

M’observant du coin de l’œil tremper ma tartine de pain beurrée dans mon bol de café, il accompagna sa phrase d’un haussement d’épaules :

— Mais si ! Tu comprends bien sûr !

Agacée par son ton acerbe, avalant voracement ma pitance, j’en devenais peu aimable à mon tour :

— Désolée, c’est évident pour vous, mais personnellement je ne vois vraiment pas où est le problème.
— Ben, tu vois ! Tu me vouvoies maintenant, c’est donc que ce n’était pas bien !

Devant son profond désarroi, je me ressaisis et décidais de ne plus l’agacer. L’homme avait besoin de réconfort et le taquiner devenait inconvenant.

— Je vous vouvoie par respect, vous êtes mon aîné, et je le faisais déjà avant. Pour ce qui s’est passé hier soir, il n’y a aucun regret à avoir. C’était juste entre vous et moi, et personne d’autre n’en saura jamais rien.
— Oui, mais moi je le sais…
— Bon, alors mettons les choses au point tout de suite ! Vous, ou tu, puisque tu préfères, m’as demandé de me laisser caresser. Où est le mal ? Je suis assez grande pour savoir ce que j’ai envie de faire.

L’homme, toujours pensif, reposa ses mains sur la table et prit une bonne inspiration. Voulant vraiment le persuader que ce « petit jeu », finalement bien innocent, n’avait pas été bien loin et qu’il était inutile de se prendre la tête, je poursuivis :

— Tu es un homme en pleine possession de ses moyens, et tu m’as dit ne pas avoir touché une femme depuis longtemps, il est compréhensible que tu me regardes avec un certain désir.

L’homme releva enfin la tête et osa me regarder. Ses yeux clairs étaient embués, mais ses traits semblaient plus détendus.

— Humpf ! Tu as sûrement raison, mais je suis un vieil homme, je pourrais être ton grand-père… et ça c’est tout de même pas normal.

— Alors là, je vais te faire une confidence ! Libre à toi de ne pas me croire, mais je t’assure que c’est la stricte vérité.

Ses yeux s’écarquillèrent en se demandant ce que j’allais lui révéler.

— J’ai rencontré cet été un homme, il avait le même âge que toi, nous avons sympathisé et on s’est revus plusieurs fois… J’en garde un bon souvenir…

Ses épais sourcils remontèrent sur son front, exprimant la stupéfaction :

— Sympathisé ? Oui, mais c’est pas pareil !
— Sauf si je te dis que nous avons fait l’amour ?

Bouche bée, il resta abasourdi par ma révélation aussi directe et eut une légère contraction des cuisses – mouvement inconscient qui ne m’échappa pas ; son visage se colora ; le tremblement de ses lèvres révélait une nette confusion. Ses épaules s’affaissèrent quand il lâcha un long soupir, comme pour se libérer de son trop plein de désarroi. Ses yeux restèrent rivés aux miens, soutenant mon regard d’une impassible sévérité.

— Je ne te crois pas ! Tu me fais marcher.
— Tu me crois affabulatrice ?

Ses lèvres se tordirent, lui faisant faire une mimique qui aurait semblé grotesque en d’autres moments. Voulant en finir avec ce dialogue qui risquait de s’envenimer, je préférai couper court à ses interrogations :

— Bon, on enterre la hache de guerre ? Je vais m’occuper de ta lessive, et j’ai quelques cours à revoir. On en reparlera ensuite… si tu le souhaites ?
— Comme tu veux.

Auteur: Inanna

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